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Sénégal. Un futur petit Qatar ?


Des découvertes récentes de pétrole et de gaz pourraient transformer l’économie du Sénégal, l’un des plus pauvres pays au monde. D’autant que la stabilité politique qui y règne, en dépit des menaces terroristes en provenance du Sahel, attise les convoitises.



Àla pointe des Almadies, située sur la corniche ouest de la capitale, un dispositif sécuritaire inédit protège cette enclave autant prisée des Dakarois que des touristes, nichée au bout d’une route qui longe résidences de luxe et ambassades. À quelques dizaines de mètres de l’imposante représentation diplomatique américaine, achevée en 2013, des militaires armés de fusils d’assaut filtrent passants et véhicules, à l’instar de leurs homologues déployés à tous les carrefours stratégiques. Comme Nairobi, Bamako, Ouagadougou ou ­Abidjan, métropoles africaines successivement touchées par des attentats terroristes, Dakar est désormais sur le qui-vive. « À court ou moyen terme, une attaque semble inéluctable », soupire un haut responsable du renseignement sénégalais. « Nous avons des cellules dormantes, liées à Boko Haram ou al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), parfaitement identifiées depuis plusieurs années. En décidant de donner un grand coup de pied dans la fourmilière (1), pour des raisons de politique interne, les autorités nous ont exposés à d’inévitables représailles », regrette-t-il.

De tradition soufie et historiquement structuré en confréries, ­l’islam sénégalais, pratiqué par près de 95 % de la population, est travaillé depuis plusieurs décennies par le salafisme importé du Qatar ou de l’Arabie saoudite. Les Saoudiens ont investi sans compter au « pays de la teranga » (hospitalité en wolof), en particulier durant les deux mandats (2000-2012) du président Abdoulaye Wade. « C’était au début de ma présidence. Le roi (Abdallah) m’a donné 5 millions de dollars », reconnaîtra-t-il dans un entretien accordé à l’hebdomadaire « Jeune Afrique » en mai 2014 : « Mais pour éviter toute confusion, j’ai donné cet argent à mon fils (2), qui l’a placé. »

"En capacité d’être indépendant d’un point de vue énergétique"

Totalement dépendant des investissements extérieurs, le Sénégal n’a d’autre choix que d’accepter l’argent d’où qu’il vienne, y compris des pétromonarchies. Le nouvel aéroport de Dakar, qui doit être inauguré cette année, a ainsi été construit par le groupe Saoudi Ben Laden, et sera achevé par la Turquie de Recep Tayyip Erdogan. La Chine investit également massivement dans les infrastructures : un « musée des Civilisations » doit ouvrir ses portes au mois de novembre 2016, tandis que le président Macky Sall posait la première pierre, le 7 avril dernier, de la future « Arène nationale de lutte » – un futur complexe sportif lui aussi financé par le géant asiatique.

Les Anglo-Saxons ne sont pas en reste, particulièrement actifs dans le très prometteur secteur pétrolier et gazier. Hasard du calendrier, l’ouverture de la gigantesque ambassade des États-Unis, à la pointe des Almadies, a précédé de peu la découverte, en octobre 2014, d’importants gisements de pétrole à 100 kilomètres du Sénégal, que devrait exploiter le groupe britannique Cairn ­Energy, en parte­nariat avec l’américain ­ConocoPhillips. Les premières estimations, comprises entre 250 millions et 2,5 milliards de barils (3), laissent entrevoir d’alléchantes perspectives économiques dans un pays où l’importation de l’or noir représente pas moins de 10 % du produit intérieur brut (PIB).

À la fin du mois de janvier 2016, c’est une autre société américaine, Kosmos Energy, qui annonçait l’exploitation future d’un important gisement de gaz naturel situé à cheval entre la Mauritanie et le Sénégal, avec des réserves estimées à 450 milliards de mètres cubes (4). « Nous sommes le futur petit Qatar de l’Afrique de l’Ouest », sourit un ministre du gouvernement de ­Macky Sall. « C’est la meilleure nouvelle qui puisse arriver à notre pays et cette découverte donne au Sénégal la capacité d’être indépendant d’un point de vue énergétique, mais aussi de vendre (du gaz) au reste du mon­de », déclarait de son côté sur la télévision publique, le 28 janvier dernier, le ministre chargé de l’Énergie.

Des dérives jugulées... jusqu’à présent

Reste à savoir si le Sénégal, qui demeure l’un des pays les plus pauvres au monde (5), échappera à la « malédiction de l’or noir » qui frappe la quasi-totalité des pays producteurs de pétrole en Afrique. Couverte, voire encouragée par les anciennes puissances coloniales, l’exploitation sauvage et clanique des hydrocarbures sur le continent a engendré la mise en place de systèmes politiques dynastiques et autoritaires, voire dictatoriaux : le clan Bongo dirige le Gabon depuis 1967 ; Denis Sassou-Nguesso terrorise l’opposition au Congo-Brazzaville depuis sa réélection contestée en mars 2016 ; Idriss Déby, inamovible président d’un Tchad lui aussi riche en pétrole, a mis les nouvelles ressources de son pays au service de ses ambitions régionales au Nigeria voisin (au prétexte de la lutte contre Boko Haram), ainsi qu’en Centrafrique où il fut l’un des principaux acteurs de la chute de François Bozizé, au mois de mars 2013.

Une dérive que le Sénégal est jusqu’à présent parvenu à juguler en réussissant de timides alternances politiques, en 2000, lorsque le libéral Abdoulaye Wade parvint à succéder au social- démocrate Abdou Diouf. Et, surtout, en 2012, lorsqu’une coalition politique emmenée par l’actuel président Macky Sall chassa du pouvoir Abdoulaye Wade et son fils Karim, qu’il préparait activement à sa succession.

(1) En octobre-novembre 2015, une vaste opération ciblant un réseau de djihadistes présumés a été menée dans plusieurs villes du pays. (2) Karim Wade dort aujourd’hui en prison, pour enrichissement illicite et détournement de fonds. (3) À titre de comparaison, les réserves prouvées du Gabon, l’un des principaux pays producteurs de pétrole en Afrique, sont estimées à 3,7 milliards de barils. (4) Soit davantage que les réserves prouvées d’un pays comme le Brésil. (5) Le pays occupait la 170e place (sur 188) du classement établi par le Programme des Nations unies pour le développement en 2015.

http://www.humanite.fr/

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Mardi 17 Mai 2016
LVDPS.INFO


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1 Commentaire - 18/05/2017 - LVDPS.INFO








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