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Jacqueline Ngo Mpii est la fondatrice de Little Africa, une agence touristique tournée vers la visite du Paris africain. © Guiroot Agandir le texte Réduire le texte Imprimer Commenter Envoyer par mail Facebook Twitter Google + Linked In Viadéo À




À même pas 30 ans, cette Française d'origine camerounaise compte à son actif presque dix ans d'expérience dans le secteur touristique. En 2014, elle se lance dans l'aventure entrepreneuriale en créant Little Africa. Après des débuts en solitaire, Jacqueline Ngo Mpii s'entoure d'une équipe de plusieurs personnes, dont Richard Guilain, son webmestre, et sa sœur Honorine, qui s'occupe des relations publiques et des ressources humaines. La mission de ce petit monde : faire découvrir une autre Afrique à Paris par le biais de visites guidées mêlant art, musique, gastronomie et lifestyle.

Paris, ce vivier africain
« La cité de l'amour », « la plus belle ville du monde», la capitale française est souvent qualifiée avec ces périphrases, mais on pourrait également la qualifier de « capitale africaine de l'Europe », et ce n'est pas Jacqueline qui dira le contraire. « On a une chance de vivre à Paris, parce que c'est une ville où l'on rencontre beaucoup de nationalités africaines, et je ne suis pas sûre que j'aurais eu cette opportunité au Cameroun ou ailleurs dans le monde. » De fil en aiguille, avec de la documentation entre les mains et en participant à des événements, « j'ai ouvert mes yeux et je me suis rendu compte qu'à Paris il y a énormément de choses africaines », déclare l'entrepreneuse. Ce qui était, au départ, une initiation personnelle se transforme rapidement en volonté d'en faire une structure, il y a trois ans. « Avec l'expérience professionnelle que j'ai accumulée, j'ai fait le point sur ce que je voulais vraiment faire. J'aime l'Afrique, les voyages, les cultures étrangères, et je voulais raconter cette histoire des Afro-descendants et de cette Afrique qui vit en dehors du continent. Aujourd'hui, la diaspora a des choses à raconter. En partant de là, j'ai réfléchi à ce que je pouvais créer pour relater tout cela avec mon savoir-faire. » Consciente que la présence africaine à l'étranger n'est pas propre à la Ville Lumière, Jacqueline précise qu'elle n'a « pas voulu appeler sa structure « Little Africa Paris », car, même si Paris est le point central, l'idée est de pouvoir parler de toutes ces autres capitales mondiales qui ont une forte influence africaine, aussi bien en Europe, en Amérique, aux Caraïbes et en Asie.

Les prémices mexicaines
Le déclic, elle l'a eu non pas en France ou au Cameroun, mais dans un pays qui, en apparence, n'a pas de liens avec le continent : le Mexique. C'était en 2009, alors qu'elle était responsable d'animations pour les enfants dans un hôtel-club 5 étoiles. « J'avais une image de l'Amérique latine, celle que je voyais dans les télénovelas. Très vite, j'ai rencontré des Afro-descendants, des Cubains, des Dominicains, et je discutais beaucoup avec mes collègues et mes amis mexicains. Quelque chose m'interpellait à chaque fois : je ne savais pas qu'il y avait des Noirs en Amérique latine. […] Il y a un bout d'Afrique ici, mais on ne la connaît pas, on ne nous la montre pas », s'étonne-t-elle. Après avoir séjourné huit mois en Amérique latine, pour Jacqueline, c'est le temps de la réflexion et des interrogations. « J'avais eu une formation touristique qui me permettait de promouvoir et de valoriser des destinations, mais, finalement, le continent d'où je suis originaire, je ne connaissais pas grand-chose et j'étais frustrée de ne pas avoir partagé cette culture à l'étranger », confesse celle qui est à la tête de Little Africa. À ce moment-là, elle comprend que son instruction scolaire ne lui avait pas montré ce qu'elle recherchait ou ce dont elle avait besoin. Pour la Parisienne, tout commence à prendre forme avec et grâce à son lieu de résidence.

Avant chaque visite, Jacqueline Ngo Mpii part s'imprégner du lieu du parcours, fait des repérages, scrute les noms des rues, les plaques, etc. afin de retransmettre au mieux son savoir sur ce bout de Paris qu'elle présente à ses clients. Cette première étape terminée, « je couche tout sur papier pour commencer une longue phase de recherche. Dans ma tête, le plan du parcours se dessine, et une fois sur place, je fais le circuit. Pour être sûre de moi, je vais inviter quelques personnes pour tester mon produit et je l'affinerai si nécessaire en prenant en compte les remarques de ces testeurs. Souvent, les parcours s'enrichissent aussi avec des rencontres avec les commerçants. » Avec une durée comprise entre deux et trois heures, la créatrice de Little Africa s'efforce de proposer quatre visites par mois et « de ne pas être trop historienne », mais elle « essaie d'avoir ce côté ludique et historique. Le tout, c'est de proposer aux gens une balade sur une thématique à laquelle ils ne sont pas habitués et pour qu'ils passent un bon moment. »

La jeune femme de 27 ans propose trois parcours – le Paris' Tribal Art, le Made in Goutte d'Or et la dégustation de thé africain –, toujours les mêmes, sauf en cas de demandes spécifiques. Selon elle, « on pourrait penser que les visites du Paris africain ou du Paris noir que fait Kevi Donat sont des visites revendicatives, alors que pas du tout. C'est simplement le regard d'une personne sur sa ville, sur ce qui l'entoure et qui souhaite le partager au maximum de personnes ».

Ces endroits parisiens et africains
Quartier général de l'intelligentsia parisienne après la Seconde Guerre mondiale, avec la présence de l'écrivain Jean-Paul Sartre en passant par la chanteuse Juliette Gréco ou encore le cinéaste François Truffraut, le quartier de Saint-Germain-des-Prés est aussi connu, entre autres, pour le Café de Flore, Les Deux Magots. Cependant, « lorsqu'on a fini de traverser le boulevard et que l'on passe par la rue de Seine ou la rue des Beaux-Arts, c'est ici que l'on trouve des chefs-d'oeuvre culturels africains », nous apprend Jacqueline Ngo Mpii. À ce titre, un touriste lui a demandé « si c'était la semaine de l'Afrique dans le quartier. Pourtant, il avait l'habitude de passer régulièrement dans le quartier et il ne s'était jamais aperçu du côté africain de Saint-Germain-des-Prés. » Autre lieu prisé des touristes venus à la découverte de la capitale, le cinéma Le Louxor situé dans le quartier de Barbès, en face du métro. « Ce type d'adresse est extrêmement dépaysant, c'est bluffant, car toute l'architecture qui date de 1913 a été conçue sur un modèle de temple égyptien.

L'entreprise Little Africa évoque le continent dans sa globalité sans distinction entre la partie septentrionale et méridionale. « Il y a un endroit très surprenant qui nous plonge dans une autre atmosphère et que nous n'avons pas encore beaucoup développé chez Little Africa, c'est l'Orient avec le Maghreb. Vous allez dans le 5e arrondissement de Paris, là où se trouvent l'IMA [Institut du monde arabe, NDLR] et aussi la Grande Mosquée de Paris. En poussant les portes de ce lieu de culte, vous arrivez dans le grand patio et on a l'impression d'être dans une oasis », et plus dans le quartier du Jardin des Plantes de la capitale.

La culture, le parent pauvre des Africains ?
Little Africa va de pair avec tourisme et culture, et sur ce point-là, Jacqueline s'agace en constatant que l'érudition n'est pas vue comme un vivier économique. « J'ai été contactée par des marques de cosmétiques et de mode et j'ai eu droit à des conseils du genre mais tu devrais rediriger ton concept vers la mode et/ou la beauté, tu attireras du monde. C'est vrai, cela fonctionne, mais ce n'est pas ce que je veux faire », précise-t-elle. De plus, « il ne faut pas s'étonner si nous ne sommes pas visibles dans certains secteurs si nous les avons laissés à l'abandon. Je suis très surprise quand je constate que, dans le milieu des guides-conférenciers, il y a très peu de Noirs. Très peu de personnes noires ont leur galerie ou sont à des postes-clés dans les musées africains. Bien sûr, je ne dis pas que c'est évident, ou facile, mais encore faut-il qu'il y ait des compétences en face. Pendant longtemps, on a fabriqué des financiers, des avocats, des médecins, des communicants. La culture étant vue comme vivier économique pauvre, sans débouchés attractifs », déclare la guide touristique, qui a, d'ailleurs, pris connaissance d'un article expliquant que l'influence des États-Unis ne vient pas de leurs armes, mais de la culture qu'ils sont parvenus à exporter au monde entier. « Demandez à quelqu'un ce qui le fait rêver dans un pays comme la France ou les États-Unis, les premières réponses seront d'ordre culturel », précise Jacqueline.

« C'est un projet qui a émergé il y a une dizaine de mois avec les internautes et les clients qui avaient le besoin d'avoir quelque chose de palpable entre les mains. Ce qui va être intéressant avec le guide, c'est qu'ils vont pouvoir assimiler et identifier Little Africa à un produit qui cristallise tout notre univers, aussi bien l'art que la gastronomie, que la mode, avec les ateliers surtout, que le lifestyle, etc. Et en cristallisant tout cela, nous avons un produit touristique », nous explique fièrement Jacqueline. De bonnes adresses pour se vêtir, se restaurer, se divertir, se cultiver, voilà ce que proposera ce guide made in Little Africa. Dans un premier temps, il sera tiré à 2 000 exemplaires pour cette première édition qui se fera en interne, et non avec une maison d'édition, grâce à une campagne de crowdfunding réussie brillamment. Ce qui explique que l'ouvrage – qui fera environ 200 pages – sera distribué par des partenaires de la jeune société. Quant à sa sortie, elle est prévue pour novembre 2016 afin d'avoir un timing parfait. « Nous avons un partenariat avec AKAA – Also Known As Africa – qui va être la première foire d'art contemporain et de design africain à Paris qui se tiendra en novembre. Si cet événement est amené à se répéter et à devenir aussi incontournable que le 1:54, cela va être intéressant pour les touristes passionnés d'art contemporain africain. »

De l'espoir, Jacqueline Ngo Mpii en a pour son projet entrepreneurial. Avec la sortie de cette future bible pour les aficionados de la culture africaine à Paris, la fondatrice de Little Africa espère pouvoir rééditer son précieux sésame pour le mettre à jour. Et avoir, « pourquoi pas, une once de succès qui pourrait nous comparer à un Petit Routard africain. C'est notre rêve en tout cas (rires). »

PAR FOUNÉ DIARRA

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Jeudi 18 Août 2016
LVDPS.INFO


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